Ils n'en font qu'à leur tête.
Les seaux d'eau vacillent de ma fenêtre à mon jardin, comme si de rien n'était. Ils sont vêtus de noir ces chats-voyous.
Leur regard est habillé d'une parure d'½il égyptien. Je n'y peux rien.
Je ne suis pas un chat-vaurien comme les autres qui épient le spectacle aux quatre-mille coins de la rue.
Mon balai n'est pas assez long pour décrocher la mâchoire d'un de ces chats-malins. La lune n'est que le sourire jaune du chat-géant, Dieu Miaou disparu de notre temps.
Bientôt les chauve-souris grinceront sous les crocs des chats tachetés de sang.
Je peux enfin boire mon bol de lait paisiblement. Je ne serai plus dérangé par ce vacarme ambulant.
J'aime la fumée grisante qui émane de la gueule du chat rassasié, je le trouve appétissant ce faiblard chat sauvage.
Les chats-volants démontent les tuiles méthodiquement disposées sur les toits des maisons.
Ils n'en font qu'à leur tête.
Des yeux de chats se transforment des billes d'un vert chimique, pour sûr toxique.
Cela me glace le sang, il ne coule plus. Je n'y peux rien.
Je ne suis bon à rien.
Le bruit des batailles entre chats voisins retentit et raisonne tout du long de la rue humide, la pluie qui gronde ne semblant pas les calmer.
La lune est pleine à vomir.
Les chats-volants s'ouvrent le ventre d'une manière telle que je n'ai jamais vu un acte de barbarisme pareil.
Ils n'en font qu'à leur tête.
Leur queue semble sabrer le ciel encore quelque peu éclairé par les pauvres lampadaires placés aux quatre-mille coins de la rue.
Je décide d'allumer ma cigarette.
Le temps se dissipe, les chats-noirs perdent leur pelage. De magnifiques tuniques flottent malgré l'incroyable lourdeur ambiante. C'est beau.




